20/11/2015_ »Marisol Touraine annonce une enveloppe de 3 millions d’euros… » (Dr THIERS-BAUTRANT, UFML)

Marisol Touraine annonce une enveloppe de 3 millions d’euros pour le personnel de santé hospitalier venu prêter main forte dans la nuit du vendredi 13 à la suite des attentats.
Merci madame la Ministre, merci de nous révéler ainsi la couleur de votre âme et la hauteur de votre estime.

Sans revenir sur la participation exceptionnelle de personnels non hospitaliers, il est un fait que chaque soignant à l’instant où ce drame a été connu, n’a écouté que sa vocation (vox) et son devoir et n’a eu nul besoin d’une injonction des ARS pour se rendre le plus souvent spontanément dans les établissements assaillis. Il est venu parce qu’il devait venir, parce que seuls les soignants connaissent ce qu’implique pour les services de recevoir des dizaines de blessés graves qui nécessitent dès leur arrivée une suite de soins précis, d’évaluations, d’orientation. Ainsi le professeur Juvin a pu constater que, du personnel présent dans son service dans ces heures terribles, seule la moitié était réellement affectée à son service.
Cet élan là, la ministre ne peut le comprendre, elle n’a pas le logiciel du cœur, alors elle le chiffre.
« Allez ce sera 3 millions pour ces braves gens « . Ils sonnent comme le  » donnez leur de la brioche  » de Marie Antoinette.
Il est vrai que le communiqué de presse remerciant un personnel de santé irréprochable est arrivé un peu tard, il est vrai que sa présence pendant ces événements fut plutôt fantomatique, il est vrai qu’il fallait bien qu’elle revienne sur le devant de la scène.

Alors elle va ramener le sujet sur un terrain qu’elle connaît mieux : la rémunération des soignants.
Au devoir sacré, elle répond prime,
Au devoir inscrit dans l’ADN du soignant, elle répond récompense.
Au dévouement qui a tenu les équipes debout toute la nuit, elle répond enveloppe.

La réduction d’un élan magnifique et néanmoins normal pour ceux qui l’ont vécu à une enveloppe fixée par le Ministère…

C’est dans ce geste simple que nous comprenons l’étendue de l’abîme qui nous sépare.
Il n’est nullement question de discuter de la somme ou de rabaisser le mérite de ceux qui la recevront, bien au contraire, il est question de cette constance à vouloir ramener le soin à une dimension comptable, la seule que l’énarchie comprend, en ignorant délibérément et ostensiblement la dimension sacrée de notre métier.

Consternant.

Dr Dominique THIERS-BAUTRANT, UFML

télécharger l’article (pdf) : ICI

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s