23/11/2015_ »Loi Santé à l’Assemblée, ce n’est pas le moment ! » (B. Debré)

« Ces derniers jours les professions de santé ont été à Paris, à la pointe de l’engagement, ils ont travaillé jour et nuit pour prendre en charge les victimes des terribles attentats.

Les médecins hospitaliers comme les libéraux n’ont pas compté leur temps.

Tous ont arrêté leur grève pour être disponibles, c’était bien entendu évident, mais il fallait le souligner.

Il aurait été « démocratique », peut-être ce mot ne vous est-il pas bien expliqué, de repousser l’étude en deuxième lecture de votre loi. En effet, elle est refusée par la quasi-totalité des professionnels de santé. Vous l’avez ressenti et entendu. Vous l’avez vu lors des multiples manifestations. Il n’y a pas que le tiers payant obligatoire qui soit refusé par tous, d’autres propositions le sont aussi. Les professionnels de santé ont peur pour leur liberté et celle des patients.

Libre choix de leur médecin mais aussi libre prescription pour ces derniers. En effet, ces deux principes sont remis en cause. Il ne s’agit en aucune façon de craintes vaines puisque l’assurance sociale mais aussi les mutuelles vont prendre de plus en plus d’importance. Elles seront non seulement les payeurs, comme elles le sont aujourd’hui, mais surtout les décideurs par le biais du tiers payant et du remboursement des médecins.

La maitrise du secret médical est en danger car beaucoup savent qu’avec la mainmise de la sécurité sociale sur les établissements, avec également le développement des dossiers médicaux partagés, il n’y aura plus de secret médical.

Il y a bien d’autres sujets de contestation voire de colère. Devrais-je citer les greffes d’organes où il ne sera plus question de demander à la famille, lorsqu’un des proches est mort, si elle accepte ou non que ce dernier soit prélevé. Il y là une véritable nationalisation des corps inacceptable humainement parlant.

Pour toutes ces raisons, il aurait été démocratique, j’allais dire éthique, que vous écoutiez à nouveau les professionnels de la santé. Que vous vous donniez le temps nécessaire pour respecter ceux et celles qui ont été mobilisés pour sauver, pour traiter les blessés des attentats, pour se tenir prêt à toute éventualité comme à Saint Denis récemment.

Mais vous voulez au contraire faire passer votre texte profitant du trouble ou de la détresse des Français. Certes, vous avez repousse son étude de quelques jours car vous n’en aviez pas le choix.

Mais nous sommes en « Etat d’urgence », il n’est donc plus possible aux médecins de manifester dans la rue, tout rassemblement est interdit. C’est le moment idéal pour faire passer ce texte !

Vous resterez, si jamais l’histoire retient votre nom, comme une Ministre de la Santé qui aura agi contre les professionnels mais aussi contre les Français au nom d’une idéologie sectaire et dépassée. »

Retrouver l’article sur le blog de Bernard Debré : ICI

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